Je suis la reine de l’effort. Je peux me forcer à tout : à manger de la bouillie de cœur d’agneau cuit dans son sang, à enchaîner des culs-secs de baijiu que je déteste, à manger encore une soupe de riz au maïs après avoir goûté 26 plats différents, à supporter la clim’ digne d’un hiver pékinois, à faire semblant que la fumée de cigarette ne me dérange pas et encore plein de choses que je fais avec le sourire mais en bouillonnant intérieurement. C'est la rançon de l’intégration.

Vraiment ?

« Et c'est quoi, pour toi, l’intégration ?

- C'est le fait d’être accepté par une autre culture.

- Acceptée ?

- Oui, appréciée, quoi.

- Tu attends d’eux qu’ils t’aiment, en fait ?

- Heu, en quelque sorte, peut-être…

- Qu’ils t’aiment pour les efforts que tu fais ou pour ce que tu es vraiment ?

- Est-ce que ça ne revient pas au même ?

- Ça dépend. Pas si les efforts que tu fais te mènent à renier ce que tu es vraiment ».

Aïe. Gemini Criquet marque un point.

Me sentir mal avec mes amis parce que je refoule mes valeurs pour atteindre le statut de chinoise, après tout, ce n’est peut-être pas la solution. Dans un superbe texte sur l’intégration*, mon amie A.D citait quelqu'un disant que pour vivre l’interculturel, il faut être sûr de ses racines.

Me référer à ma culture. Assumer mes opinions. Et pas une seule seconde renoncer à aimer la Chine.

Quant à être moins appréciée ou pas pour avoir osé dire non, c'est ce que je devrais découvrir prochainement (après mes 3 semaines de vacances en France !!!!).

*« Printemps, été, automne, hiver et de nouveau printemps », par mail dans votre boite si cela vous intéresse (et qu’elle est d’accord…).