C'est quoi, un imot?

Un imot, c'est quand on part quatre jours sur une 125 faire un trip à travers le Gansu, qu'on a prévu de faire un magnifique album photo pour ses lecteurs, qu'on a des images sublimes plein la tête... et qu'on perd son appareil photo (le boulet!)
Alors il faut dire les images, parce que vraiment, je ne peux pas garder ça pour moi. Et puis si je le garde, je vais en oublier la moitié.

Vous avez donc raté :
- le magnifique petit garçon en culotte fendue qui jouait sur ma couchette, ses sourires, ses « 阿姨漂亮! *»,
- les joueurs de Majong et de violon traditionnel le long du Fleuve Jaune, avec leurs sourires édentés et leurs vêtements moirés,
- Manu déguisé en Ratus avec ses lunettes de motard,
- moi déguisée en nain avec un casque intégral et des gants en laine,
- les troupeaux de yaks à poils longs du Tibet,
- le bébé yak qui-n'arrive-pas-à-traverser-la-rivière mais qui finalement a réussi et qui était encore plus mignon avec ses pattes à moitié mouillées,
- les troupeaux de petits chevaux multicolores, de chèvres, de yaks (encore?!), de mulets,
- le kang tout chaud quand il fait froid dehors,
- le ciel, d'un bleu à couper le souffle, qui découpe la cime des montagnes pour lui donner encore plus de relief,
- les canyons du Gansu avec leur terre ocre,
- la crevaison au milieu de nulle part et l'auto-stop,
- la réparation d'un pneu crevé, sans pompe à l'aide d'un autre pneu surgonflé,
- les clochers tibétains envahis de corbeaux,
- les torrents,
- les moines bouddhistes de Tianzhangsi,
- la petite mamie de Tianzhang qui fait des nouilles aux piments,
- nos visages boules-de-suif après quelques heures passées dans le trafic,
- les champs de bruyère tibétaine et d'edelweiss,
- les sentences verticales sur les maisons de terre...

Pour ceux qui n'auraient pas aimé cet article, je peux vous indiquer une adresse postale où m'envoyer un nouvel appareil numérique!


*elle est belle, la dame!